Voyage au Coeur de
Sylvana Lorenz
Quatre heures ce matin. L’heure où le coeur de la nuit n’est jamais aussi noir que l’aube est proche. Le vent chante au loin à Monaco-Ville. Une lueur jaillit. J’écoute la mélodie mystérieuse des merles. Un language pour séduire ? Quelle belle forme d’expression que leur poésie, sa poésie. Par sa capacité à refléter les beautés de la création. Elle ?
Sylvana Lorenz
Quelques heures de TGV plus tard et Paris s’ouvre à moi en ce samedi d’hiver. Pour cette Rencontre. De celles qui éveillent l’inattendu, l’inouï, l’indicible. Qui portent en elles le frémissement de l’aventure, la promesse d’un ailleurs. Qui libèrent l’âme de ses nuits de chaîne. Et parfois déposent en nous un précieux parfum: celui d’être aimé, d’être guidé sur la juste voie.
Une sonnerie stridente. Echo des polars de Jean-Pierre Melville. Le coupable n’est jamais loin.
Une porte s’ouvre comme une page se tourne. Comme un cadeau. Une allure altière. De profonds yeux noirs. Des lèvres rouge passion pour un rêve bleu. Des traits finement dessinés. Un regard, premier trait d’union. Fugitif éclat. Le temps des femmes galantes. Prémices.
Une Miss s’immice. Dix sur dix.
Robe Cardin, bottes en cuir verni. Entre ombre et lumière, une silhouette s’esquisse.
Une Miss s’immisce. Indices qui trahissent.
Un appartement comme un coffre fort où l’art se déploie en fresques polychromes. Oui ici le monde devient une toile. Les pinceaux qui la peignent choisissent toujours de pénétrantes nuances. Un tableau pop art en perspective. Un soleil perce les nuages. Le regard de Pierre Cardin émerge. Un avant goût d’éternité.
Pour Sylvana, le cœur des choses. Le cœur du cœur. Je lève les yeux. Je quitte le plancher. Vertige, ivresse, le plafond s’embrase de ses parures écarlates . Mais ici-bas, son visage est le plus bel ornement.
Face à moi, Sylvana. Présence en double mouvement: du monde céleste vers la terre pour une ascension en retour. Elle ouvre les portes du subtil. Elle suggère le sentier à suivre. Elle est une invitation à nous plonger dans les flots. Délices.
La Miss s’éclipse. Supplice.
Découvrir Sylvana, c’est entendre que sa vie ne se plie ni aux exigences sociales, ni aux extravagances convenues. Des eaux incertaines, elle peint un sillage blanc dont l’indomptable énergie la tourne vers l’Autre. Elle y emprunte dès lors la puissance des éléments.
Car observer Sylvana c’est ouvrir le grand Livre des Rencontres et du Coeur. Donne moi ta main sans retour, y a t’ elle sûrement écrit.
Ses carnets nous ramènent à l’essentiel, les autres, l’Autre, la création. Ses créateurs, ses hommes et ces femmes qui bâtissent aussi son histoire. Invisibles piliers de l’âme qui portent ses racines. Son père, entrepreneur visionnaire, fit de la Riviera son espace de création. Une bulle irisée pour colorer la vie.
Que d’appartements de Monaco et Nice y accueillent toujours ses fresques. Un lien charnel unit depuis Sylvana au Rocher. Elle y tisse des relations privilégiées, y relève des défis qui renforcent les liens, pour un indissociable destin croisé. C’est là qu’elle présente trois de ses ouvrages majeurs aux dernières éditions du Salon International du Livre de Monaco :
Pierre Cardin, son fabuleux destin (Calmann-Levy); Madame Cardin. A la cour du dernier empereur (L’Archipel); L’Art est une partie de plaisir (L’Archipel)
« Vous prendrez bien un gâteau » me dit-elle. Je les ai fait pour vous ». Devant moi, des sablés dorés organisés tel un tableau cubiste. Femme vexée, âme redoutable me dis-je. Je m’exécute. Avant de l’être…Et en croque deux d’un coup. Son regard s’illumine. Entre soulagement et fierté ?
Une Miss se glisse. Caprice d’artiste.
De ses écrits, Sylvana Lorenz trace ses aventures artistiques émaillées d’anecdotes piquantes. Ainsi elle met en scène les acteurs célèbres de l’art de la fin du XXe siècle : Ben, Jeff Koons, César, Arman, Basquiat, Keith Haring, Combas… et bien sûr Pierre Cardin. Des empreintes humaines pour un grand paysage.
Artiste de la communication, elle mêle sans détour vie privée et vie professionnelle. Elle conte avec un franc-parler qui l’a toujours distinguée ses années de télévision et son existence kaleidoscope.
Une vibration, un souffle de vent, une force d’agir qui lui murmure que tout est possible, un esprit vagabond … pour une irrésistible évidence. Son chemin croisera à nouveau Le Salon International du Livre de Monaco. Oui main dans la main le chemin est toujours moins long.
« Un coup de cœur tout à fait singulier m’a saisie pour ce Salon du Livre de Monaco « manifeste t’elle. « De sa cathédrale de verre, je m’élève à chaque édition. Une sorte d’égrégore, d’épiphanie m’habite On s’échappe pour quelques heures de nos égoïsmes quotidiens. Pour aller vers moins de « JE », accueillir les parties enfouies de nous , les visiteurs, lecteurs dans leur chamboulante diversité ».
« Le Livre doit servir à ça. Aller toujours, vers un peu plus de Communion. Avec élégance, Le Salon de Monaco y prend puissamment sa part».
Better by your side ! Lui dis-je. Regard brillant, elle glisse un pudique « Avec Plaisir ». So on the road again.
Troublé. Je passe, je m’étonne. Je ne peux en dire plus. Un sentiment brûlant. Un cocktail de soufre et de miel.
La Miss s’immisce. J’suis complice.
Cet instant me rappelle définitivement que la littérature est la matière idéale pour observer et faire l’inventaire des bouleversements humains…
Oui aujourd’ hui Sylvana s’investit dans le développement du Salon International du Livre de Monaco pour capter les meilleurs talents et faire rayonner plus avant notre noble Institution. Nous voilà donc réunis pour explorer la palette des émotions, la matière première de l’art et des mots, du désir et des rêves. Une épopée réelle. A nous donc de voir à travers le Livre peut-être, la quête d’une présence où il nous faut transformer les formes. Allons au-delà de nos déserts intérieurs, allons au-delà de nous-mêmes.
Une Miss s’immice. I miss you.
Déjà sa présence, nous apporte à tous ce bouleversement des sens, des émotions liés aux grands moments. Pour voyager au delà de nos propres horizons.
Son investissement pour notre 14 ème Salon nous aidera dans notre ambition de faire de notre prochaine édition un nouveau continent. Mappemonde cosmopolite entre territoires insoupçonnés, mers et îles naissantes que le visiteur audacieux doit sillonner et apprivoiser. Son exploration, sa fréquentation en bon voisinage bien sûr, la découverte de ses marées et courants, le parcours de ses rivages princiers seront alors certainement le bon périple pour l’accueillir comme cette part unique et en faire avec Sylvana une offrande :
Allumer une lumière dans la grande nuit et toucher l’incandescente mesure des MOTS:
Leur immensité
Laurent Rivoire – Salon International du Livre de Monaco
Lorenz Tour 2025 Special Bonus Track
Chère lectrice, cher lecteur et futur(e) visiteur (se), vous l’aurez compris l’univers de Sylvana Lorenz est tel le train et les regards qui s’y croisent. Oui PLM, Orient Express ou Transibérien, ses wagons rouge Cardin sont aussi sa scène de théâtre et de cinéma. Un rassemblement humain. Parfois tout un univers qui se déplace. D’ailleurs tout comme le cinéma, le train n’est-il pas fait pour se rencontrer ? Chez Sylvana il y crée un éternel travelling. Un doux glissement. Une solitude accompagnée. Sur les rails, son regard en mouvement pour de charmantes figures. Tel Pierre Cardin, des yeux caressant ses robes bulles…de vie.
Comme pour sa Rencontre, celui qui descendra du train n’est plus celui qui y est monté. On y croise l’amour, l’aventure, la mort dans tant de polars. Pour cette dernière attendons un peu. Nous sommes désormais ailleurs. Nous n’ habitons plus ici. Le Salon International du Livre de Monaco dont le coeur bat à l’unisson vous offre un peu de cet autre jour. Ailleurs Ici Partout. En train assurémment. Notre long convoi s’extrait de sa pesanteur. Le métronome s’accélère. Pour une mélodie road trip contemplative. Alors veste en cuir de la rebelle contre-culture sur le dos et embarquement immédiat ! Dans notre locomotive des sens : The War on Drugs et « I don’t live here anymore. » CQFD …
A très vite.
L.R.